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Yoru
01 · CinémaDossierDémo

Kaiju : plus de 70 ans de monstres géants, de Godzilla à aujourd'hui

Né dans le Japon traumatisé de l'après-guerre, le film de monstre géant est devenu un genre mondial. Retour sur une créature qui n'a jamais cessé de muter.

Pôle Écrans 2 min de lecture
Deux figurines de monstres géants s'affrontant devant un décor de ville
Deux figurines de monstres géants s'affrontant devant un décor de villePhoto : Lilian Do Khac sur Unsplash

En japonais, kaijū signifie littéralement « bête étrange ». Le mot désigne aujourd'hui tout un genre : celui des créatures colossales qui piétinent les villes. Et tout commence avec un film sorti en 1954.

1954 : un monstre né du traumatisme

Réalisé par Ishirō Honda pour le studio Toho, Godzilla (Gojira) arrive moins de dix ans après Hiroshima et Nagasaki, l'année même où l'équipage d'un thonier japonais est contaminé par un essai nucléaire américain. Le monstre, réveillé par les bombes, incarne une peur très concrète. Le film est sombre, presque funèbre — loin de l'image de divertissement familial que la saga prendra ensuite.

La magie du costume

Pour donner vie à la créature, l'équipe d'effets spéciaux d'Eiji Tsuburaya choisit une technique artisanale : un acteur dans un costume, évoluant au milieu de maquettes de villes miniatures. Cette méthode, qui deviendra la signature du tokusatsu (le cinéma à effets spéciaux japonais), donnera naissance à Ultraman et à toute une famille de héros et de monstres.

Le kaiju est un miroir : chaque époque y projette ses propres catastrophes.
— La rédaction YORU

La conquête du monde

Le genre s'exporte très tôt, se décline (Gamera chez le studio Daiei dès 1965) et inspire Hollywood. Guillermo del Toro lui rend un hommage débordant d'enthousiasme avec Pacific Rim (2013), tandis que le « MonsterVerse » de Legendary fait affronter Godzilla et King Kong à coups de budgets XXL.

Le retour en grâce japonais

Au Japon, deux films relancent la créature. Shin Godzilla (2016), coréalisé par Hideaki Anno, en fait une satire de la paralysie bureaucratique. Puis Godzilla Minus One (2023) de Takashi Yamazaki revient aux racines du mythe, dans le Japon d'après-guerre, et décroche l'Oscar des meilleurs effets visuels — une première pour la saga, obtenue avec un budget modeste à l'échelle hollywoodienne.

Plus de sept décennies après sa naissance, le roi des monstres prouve qu'un genre peut rester vivant à condition de continuer à parler de son temps. Les catastrophes changent ; le kaiju, lui, sait toujours où frapper.