La France est régulièrement présentée comme le deuxième marché mondial du manga, derrière le Japon. Cette passion ne s'est pas construite en un jour : elle est le fruit de plusieurs générations de lecteurs, de téléspectateurs et d'éditeurs audacieux.
Tout commence à la télévision
En 1978, la diffusion de Goldorak sur Antenne 2 crée un véritable choc. Dans les années 1980 et 1990, le Club Dorothée sur TF1 fait découvrir à toute une génération Dragon Ball, Les Chevaliers du Zodiaque ou Ken le Survivant. Beaucoup de futurs lecteurs de manga sont d'abord des enfants devant leur écran.
Les pionniers de l'édition
En 1990, Glénat lance la publication d'Akira de Katsuhiro Ōtomo, puis celle de Dragon Ball quelques années plus tard. D'autres maisons suivent et se spécialisent : Kana, Pika, Kurokawa, Ki-oon… Le manga quitte peu à peu les rayons spécialisés pour s'installer partout, des grandes surfaces aux bibliothèques.
Une nouvelle génération de lecteurs
Au début des années 2020, la crise sanitaire, l'essor des plateformes de streaming d'anime et le pass Culture destiné aux jeunes ont provoqué une nouvelle explosion des ventes. Les séries comme One Piece, Demon Slayer ou Jujutsu Kaisen ont trouvé un public énorme, souvent venu d'abord par l'anime.
Et maintenant ?
Le marché français ne se contente plus d'importer : des auteurs français publient désormais des « mangas » ou des œuvres fortement influencées par le style japonais, et certaines séries s'exportent à leur tour. La passion est devenue un dialogue.