Le mot est un mélange de deux noms : Metroid (1986) et Castlevania: Symphony of the Night (1997). Il désigne des jeux d'action-plateforme où l'on explore une grande carte interconnectée, dont les zones se débloquent au fil des capacités acquises.
Un genre de structure
Ce qui définit un metroidvania n'est pas son décor, mais son architecture. Un mur infranchissable aperçu au début devient, des heures plus tard, un passage évident grâce à un double saut ou un grappin. Le plaisir vient de cette sensation de maîtriser un lieu, de le comprendre peu à peu.
L'âge d'or des indépendants
Dans les années 2010, alors que les grands éditeurs se tournent vers les mondes ouverts en 3D, de petits studios s'emparent du genre. Ori and the Blind Forest (Moon Studios, 2015) éblouit par sa direction artistique. Hollow Knight (Team Cherry, 2017), conçu par une équipe minuscule en Australie, devient une référence absolue, à tel point que sa suite Silksong restera pendant des années l'un des jeux les plus attendus de la planète avant sa sortie en septembre 2025.
En France, le studio bordelais Motion Twin popularise avec Dead Cells (2018) le « roguevania » : un metroidvania dont la carte se réorganise à chaque partie, avec une mort définitive qui renvoie au départ.
Un bon metroidvania vous fait vous sentir plus intelligent à chaque porte qui s'ouvre.
Pourquoi ça marche si bien chez les indés
- La 2D coûte moins cher à produire qu'un monde ouvert en 3D, sans limiter la créativité.
- Le level design prime : une petite équipe talentueuse peut rivaliser avec les plus gros studios.
- Le public est fidèle et partage volontiers ses découvertes, ce qui nourrit le bouche-à-oreille.
Le retour des grands
Ironie de l'histoire : ce sont désormais les indés qui inspirent les géants. Nintendo a relancé sa série fondatrice avec Metroid Dread (2021), développé avec le studio espagnol MercurySteam. Le genre a bouclé la boucle — et il n'a jamais été aussi vivant.