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Yoru
06 · Comics & SFDossierDémo

Les points Ben-Day : petite histoire de la trame qui a fait les comics

Ces petits points colorés qui composent les vieilles pages de comics sont nés d'une contrainte d'imprimerie. Ils sont devenus un symbole de la pop culture tout entière.

Pôle Capes & Étoiles 2 min de lecture
Comics vintage de super-héros étalés et superposés
Comics vintage de super-héros étalés et superposésPhoto : Erik Mclean sur Unsplash

Regardez de près une page de comic des années 1950 : les visages roses ou les ciels pâles ne sont pas des aplats, mais des milliers de petits points. Ce procédé porte un nom, celui de son inventeur.

Une invention de 1879

En 1879, l'illustrateur et imprimeur américain Benjamin Henry Day Jr. met au point une technique pour créer des nuances avec un nombre limité d'encres. En jouant sur la taille et l'espacement de points d'une même couleur, on obtient des tons plus clairs ; en superposant des points de couleurs différentes, de nouvelles teintes apparaissent.

L'économie des comics

Pour les éditeurs de comics, imprimés sur du papier bon marché, la technique est idéale : quatre encres suffisent à produire une palette très large. Les trames deviennent ainsi la texture même de l'âge d'or des super-héros.

Du kiosque au musée

Dans les années 1960, le peintre Roy Lichtenstein agrandit des cases de comics et reproduit leurs points à la main, sur de grandes toiles. Des œuvres comme Whaam! (1963) font entrer l'esthétique de la bande dessinée dans les musées et deviennent des icônes du pop art.

Une seconde vie numérique

La colorisation numérique a rendu la trame inutile techniquement. Mais elle n'a jamais disparu : elle est devenue un clin d'œil, une manière de dire « ceci est un comic ». Le film Spider-Verse l'utilise abondamment, tout comme les trames des mangas, ses lointaines cousines japonaises.